Jeunesses et discriminations fondées sur l’origine : répondre à l’impératif d’égalité

Publié le 27 février 2026

La Défenseure des droits publie le 26 février 2026, un rapport sur les discriminations que subissent les jeunes d’origine étrangère ou perçus comme tels.  Ce rapport propose un état des lieux des discriminations liées à l’origine vécues par les jeunes. Il dresse un constat préoccupant sur l’ensemble des parcours de vie — école, logement, emploi, santé, loisirs — et formule des recommandations pour y mettre fin.

Sur la couverture du rapport elle rappelle la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, à article 1 : « Les hommes naissent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Six ans après la publication du rapport « Discriminations et origines : l’urgence d’agir », l’objectif de ce nouveau rapport est de mieux appréhender les discriminations subies par les jeunes au regard de leur origine réelle ou supposée, dans différents domaines. Il s’agit d’alerter sur un paradoxe apparent : si les jeunes sont la catégorie de la population qui reconnaît et déclare le plus de discriminations, elle est également celle qui méconnaît le plus ses droits au recours, y compris auprès du Défenseur des droits. Les discriminations sont susceptibles d’éroder non seulement leurs trajectoires mais aussi leur sentiment d’appartenance, leur confiance dans les institutions et dans la promesse républicaine, qui sont au fondement de notre cohésion sociale.

Les discriminations liées à l’origine reposent de fait sur un ensemble de préjugés et de stéréotypes qui assignent aux personnes une origine étrangère, réelle ou supposée, en fonction d’indices relatifs à l’apparence physique (couleur de peau, traits du visage, texture des cheveux) ou à des caractéristiques socio-culturelles (prénom, nom, accent, religion, lieu de résidence, tenue vestimentaire).

Elles touchent des jeunes ressortissants étrangers mais aussi de nombreux jeunes de nationalité française, qui se voient déniés la qualité de citoyens français à chaque expérience de discrimination. Une partie conséquente de la jeunesse est ainsi concernée par ces discriminations : jeunes immigrés et descendants d’immigrés d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, jeunes ultramarins ou originaires des outre-mer, jeunes gens du voyage ou Roms, jeunes d’origine asiatique, jeunes sans ascendance migratoire mais ayant un nom à consonance étrangère, etc.

Si la discrimination est trop souvent assimilée à un comportement raciste et intentionnel, les études expérimentales sur les ressorts des comportements discriminatoires indiquent que leurs auteurs reproduisent avant tout des stéréotypes ancrés. Dans l’emploi par exemple, ils mobilisent ainsi des raccourcis cognitifs associant certaines caractéristiques des candidats, notamment leur origine supposée, à des aptitudes professionnelles.

Dans le prolongement de ces constats, les travaux en sciences sociales montrent que des stéréotypes largement diffusés dans l’espace public contribuent à la stigmatisation des jeunes perçus comme arabes ou noirs et à une forme de socialisation raciale. Ces représentations les associent fréquemment à la dangerosité, à la violence ou à la délinquance, à travers des figures récurrentes telles que celle du « jeune de quartier » ou de la « racaille ». Elles influencent les pratiques d’acteurs institutionnels et privés en alimentant des soupçons généralisés et en favorisant des traitements différenciés dans de nombreux domaines de la vie sociale.

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